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Les rendez-vous chez le vétérinaire




Les rendez-vous chez le vétérinaire !


Une activité que probablement tout le monde éviterait, mais que l’on fait tout de même pour le bien-être de nos amis à quatre pattes…


En effet, pour beaucoup d’entre nous, il s’agit d’un rendez-vous et sans plus. Pour d’autres, cependant, il s’agit d’une énorme source de stress ! Lorsqu’à la maison, même les soins de base sont difficiles à faire, il peut être très anxiogène de se rendre dans un endroit où l’on demandera encore plus à son chien en termes de situations restrictives. Pour certains, cela peut même parfois leur créer une boule au ventre des jours, voire des semaines avant le rendez-vous.


Si pouvoir faire les soins de base à votre partenaire poilu sans que ce soit la guerre, et encore mieux, si vous aimeriez que vos rendez-vous annuels chez le vétérinaire se passent bien eux aussi, voici quelques notions qui pourraient fort bien vous être utiles.


Tout d’abord, il faut comprendre que votre chien réagit parfois de façon non souhaitée, non pas parce qu’il est méchant ou qu’il veut vous signifier qu’il est supérieur à l’humain et qu’il ne veut pas que personne ne le touche, mais au contraire, parce qu’il veut vous faire comprendre qu’il est stressé ou qu’il a peur.


Il ne faut pas oublier qu’à la base de tout, un chien est un animal et que pour celui-ci, un humain qui se penche sur lui sans avertissement, ou encore pire, si celui-ci le prend dans ses bras, c’est tout sauf naturel. Si des objets sont ajoutés à l’équation, c’est encore pire. Personnellement, en me mettant à leur place, je les comprends. Parce qu’on va se le dire, quelqu’un qui se penche directement sur moi pour observer quelque chose sur ma peau et ce, sans explication, je me poserais des questions, moi aussi, et ne serais probablement pas confortable.


Plusieurs chiens apprennent vite que cela peut être positif et qu’il n’y a pas de soucis ni de danger, mais pour d’autres, cela reste un défi. Si votre chien a eu une mauvaise expérience, vous pouvez même partir d’encore plus loin !


Pour arriver à avoir un chien calme et participatif à ses soins, lorsque pour celui-ci c’est un réel défi, il y a plusieurs choses qui peuvent être mises en place. Je tiens toutefois à préciser que parallèlement à tout ce qui sera proposé ci-dessous, un entraînement à la muselière est primordial afin de pouvoir faire face à d’éventuelles difficultés et ce, en toute sécurité. Votre sécurité et celle d’autrui ne doivent en aucun cas être négligées.


Pour ce faire, il y a justement une belle vidéo pour vous aider à commencer :





Les soins collaboratifs en quelques étapes :


ÉLÉMENT #1 : Le comportement feu vert


Qu’est-ce qu’on entend par comportement feu vert et en quoi est-ce utile de l’apprendre à votre chien en situation de soins collaboratifs ?




Ce nom vient entre autres des feux de circulation que nous connaissons tous. En fait, lorsque l’on apprend à conduire, on apprend que dans le code de la route, le feu de circulation vert signifie « ok, tu peux passer et continuer à rouler ». Lorsque l’on applique cette définition aux comportements de votre chien, et que celui-ci produit le comportement en question, cela signifie qu’il vous autorise à continuer et que celui-ci est assez en confort pour que les manipulations puissent se produire.


Le comportement feu vert choisi devra donc être un comportement que votre chien pourra faire facilement. Idéalement, il devrait déjà être intégré pour lui et, au mieux, votre chien devrait le trouver agréable et plaisant. Concrètement, cela peut se traduire par le fait d’aller sur une couverture ou un tapis spécial qui serait utilisé exclusivement lors de vos manipulations ou en contexte d’exercices.


Il est important que le comportement ne soit pas demandé à votre chien, mais bien que celui-ci puisse vous l’offrir de lui-même, cela étant le principe même du comportement feu vert. Si celui-ci n’est pas offert, cela veut dire que quelque chose le dérange ou qu’il n’est tout simplement pas prêt.


Voici une petite liste de comportements feu vert courants :

  • La commande menton : le chien dépose son menton sur une surface précise

  • La cible avec le nez

  • Les tapis / coussin : le chien va par lui-même sur son tapis ou sur le coussin

  • Les regards : (ce comportement est plus subtil)

  • Le bucket game : le chien porte le regard sur un bol rempli de friandises


Ici, mon chien Fallen a son menton déposé sur une serviette, et fixe son bol à gâteries (bucket game). Tant qu'il garde cette position, il me donne son feu vert. S'il détourne le regard ou relève la tête, c'est un stop ! On arrête alors les soins.






Sur cette photo, Fallen va de lui-même sur sa serviette en guise de comportement "feu vert".




























ÉLÉMENT #2 : La prévisibilité


Comme pour certains humains, le fait de ne pas savoir ce qui arrivera ou d’être incapable de prévoir quelque chose peut être très anxiogène. Ce stress de ne pas savoir occasionne souvent des réactions plus fortes et plus rapides de la part de votre chien. En intégrant une routine et de la prévisibilité dans vos soins, votre chien saura ce qui s’en vient et pourra donc être en mesure d’évaluer facilement s’il se sent prêt ou non. Cela vous donnera ainsi beaucoup plus de latitude sur la vitesse de réaction de votre chien et l’approche des mains ne sera plus perçue comme une menace potentielle.


La routine, c’est vous qui la choisissez. Il faut cependant que vous soyez capable de la faire le plus possible pour chaque élément de soins que vous intégrerez. Par exemple, voici la routine que j’applique avec mon chien : je commence toujours par toucher son épaule en premier, cette partie du corps étant neutre (ce qui est le cas pour beaucoup de chiens en comparaison à la tête ou aux fesses). J’approche ma main, le touche, puis je fais glisser ma main vers la partie du corps où je veux me rendre, comme ses oreilles ou une de ses pattes par exemple. Cette façon de faire nous permet d’approcher le chien en douceur, avec une première étape facile, et celui-ci a le temps de sentir vers où on veut se diriger, contrairement au fait de toucher directement à la partie du corps à laquelle on veut apporter un soin. Il ne fera alors pas le saut contrairement à si j’étais allée directement à la partie du corps en question.


ÉLÉMENT #3 : La possibilité de dire non !


Un troisième élément qui aidera grandement votre chien à être plus résilient et collaboratif est le fait de savoir qu’il est en mesure de vous dire non.




Si votre chien comprend que peu importe la situation, il ne pourra pas l’arrêter même s’il se sent inconfortable, cela va le mettre dans un grand état de stress. Il est normal qu’il puisse réagir plus fortement car il voudra par tous les moyens possibles faire arrêter au plus vite cette situation. Au contraire, si votre chien sait qu’il a le droit de dire non, en ne donnant pas son comportement feu vert ou en ayant un comportement clair de demande d’arrêt, ses réactions seront beaucoup plus modérées.


Un comportement de demande d’arrêt peut se traduire de plusieurs façons. Pour ma part, avec mon border collie, c’est d’aller faire un tour dans sa cage. Il ne faut pas oublier que d’apprendre un comportement d’arrêt à son chien est un comportement parallèle et à part entière. Si vous souhaitez lire comment j’ai fait pour apprendre à mon chien le comportement d’arrêt, vous pourrez consulter le texte à la fin de l’article.


Enfin, si vous récompensez votre chien à l’occasion en dehors de son comportement feu vert (en lançant la gâterie un peu plus loin dans la pièce par exemple), cela donne à votre chien la possibilité de vous démontrer de façon très claire s’il est prêt à continuer ou non, en revenant se placer dans son comportement feu après avoir mangé sa récompense. Aussi, si votre chien vous dit non, vous pouvez le récompenser quand même. Pourquoi ? Pour éviter de créer un conflit de motivation ou un dilemme émotionnel. Si votre chien est vraiment gourmand, il se peut que celui-ci vous donne son ok et ce, même s’il ne se sent pas entièrement prêt, seulement pour avoir une récompense. Ce qui peut être fait, est d’utiliser une récompense de plus haute valeur lorsque le comportement est réussi, et de récompenser tout de même, mais avec quelque chose d’une moins grande importance pour lui, comme des croquettes par exemple, lorsqu’il dit non. De cette façon, votre chien comprendra qu’il pourra manger et dire non 😊


ÉLÉMENT #4 : Le type d’escalier utilisé


Bon, je sais, mon titre pour cet élément semble abstrait, mais laissez-moi m’expliquer. Vous êtes face à deux escaliers. L’un a des contremarches de soixante-deux centimètres (environ 2 pieds), l’autre a des contremarches de seulement dix-huit centimètres (environ 7 pouces).




Si je vous demande de monter un de ces deux escaliers, vous serez porté à prendre le plus facile et c’est normal, car au final, cela vous demandera moins d’effort. Vous arriverez en haut fort probablement plus vite et il risque d’y avoir moins de marches à redescendre (si vous êtes trop fatigué pour monter à la marche suivante). C’est exactement la même chose lorsque vous entraînez votre chien. Chaque étape vers le comportement final voulu est en fait une marche à monter. Si vos escaliers ont beaucoup plus de marches mais plus petites, cela sera beaucoup plus facile pour vous.

De ce fait, vous risquez d’éliminer beaucoup de stress et de frustrations au passage, que ce soit pour vous ou votre chien. Il faut donc apprendre à décortiquer tous vos mouvements afin d’être en mesure d’évaluer où vous pouvez couper en deux une étape, afin de la rendre plus digeste pour votre chien.


Tel que mentionné précédemment, n’oubliez pas qu’un chien n’aime pas beaucoup se sentir coincé et que le fait de se pencher par-dessus celui-ci est une restriction en soit pour lui. Vous pouvez donc, au début, travailler simplement l’approche de votre main au niveau du haut de son corps ou le fait de vous pencher par-dessus lui, sans toucher votre chien. On approche, on marque, on s’éloigne et on récompense ensuite. En fait, le simple fait de s’éloigner est en soit une première récompense pour lui.


ÉLÉMENT #5 : La gestion


Dans tout bon entraînement, il faut savoir comment protéger les acquis, afin d'éviter de défaire au fur et à mesure les progrès obtenus.


Pour expliquer l’importance de cet élément, je vous présente mon exemple du sentier de raquettes 😉




Vous avez deux sentiers de raquettes possibles :


  1. L’un est bien tapé, facile d’accès et demande peu d’effort (les réactions / comportements naturels que votre chien vous offre. Les connexions neuronales étant déjà toutes faites, son cerveau prendra d’office ce comportement).

  2. L’autre est bordé de poudreuse, plus difficile d’accès et demande beaucoup plus d’efforts (ce sont les comportements que l’on tente de montrer et pour lesquels les connexions neuronales de son cerveau sont encore à faire).


Naturellement, vous prendrez le chemin tapé si vous en avez l’occasion. Pourquoi ? Car c’est beaucoup moins épuisant autant physiquement que mentalement !


De ce fait, si nous voulons qu’éventuellement ce soit le comportement que l’on désire obtenir qui soit celui que votre chien vous propose d’office, il vous faudra bloquer l’accès facile, tel un barrage pour un cours d'eau.




C’est ici que la gestion devient notre amie. Il faut éviter de mettre notre chien en situation d’échec. Pour ce faire, on va trouver des alternatives à toutes les situations qui demandent un entraînement sur le long terme, pour lesquelles votre chien va avoir besoin de temps pour être confortable. Ces alternatives vont permettre d'assurer les soins voulus, sans risquer toutefois de brûler des étapes : en d'autres termes, elles vont vous permettre de protéger votre entraînement, le temps que votre chien ait fait les progrès nécessaire pour être à l'aise, et que votre sentier de poudreuse se soit changé en de la neige tapée.


  • Utiliser le scratch board au lieu d’un coupe griffes

  • Donner une médication au chien ou adopter un protocole spécifique en prévision des visites chez le vétérinaire

  • Choisir une clinique vétérinaire spécialisée en « low stress »

  • Utiliser des ciseaux pour couper les nœuds de poil si le brossage régulier n’est pas possible

  • Opter pour une saucette dans la piscine ou dans la rivière pour rincer votre chien au lieu d’utiliser la douche

  • Etc...


ÉLÉMENT #6 : Le temps


Ce conseil peut paraître bien simple, mais il est selon moi le plus important… Donnez-vous du temps !!!


Tout comme chez l’humain, un problème de comportement peut prendre du temps à s'améliorer. Il peut être très demandant émotionnellement et générer des moments de découragement.


Souvent, lorsque nous avons la tête plongée complètement dans une situation, il peut être difficile de voir l’avancement que l’on fait, et c’est normal. Prenez le temps de regarder le chemin parcouru et ce, RÉGULIÈREMENT. Vous verrez que ce sera une bonne source de motivation pour vous !


Pour certains chiens, cela pourra prendre quelques semaines, pour d’autres, tel que ça a été le cas pour le mien, cela pourrait prendre des mois, voire des années (selon l’objectif que vous vous êtes fixé). Chaque couple chien-humain part de son propre niveau et a ses propres expériences passées qui viennent jouer dans la balance. L'important n'est pas la vitesse d'obtention, mais les progrès même minimes que vous allez chercher. Chaque progrès est en soi une victoire et découle sur l'amélioration de votre qualité de vie :)

De plus, sachez que si vous êtes fatigué ou que vous sentez que vous faites du "sur place" avec votre chien au niveau des objectifs que vous voulez atteindre, il est tout à fait correct de prendre des petites pauses. Vaut mieux prendre une pause et de bien repartir par la suite que de s’entêter à poursuivre ou de vouloir allez trop vite, et d’empirer la situation involontairement.

Enfin, si vous rencontrez des difficultés ou si vous vous sentez dépassé et découragé par une situation ou un comportement, n'hésitez pas à contacter un éducateur canin. Celui-ci pourra vous aider à y voir plus clair. Il pourra certainement vous apporter des pistes de solutions auxquelles vous n’avez tout simplement pas pensé. Notre équipe est constituée d'intervenants formés à la fine fleur de ce qui se fait de mieux en termes d'éducation canine : ils se feront une joie de vous aider :) !




*** Le comportement de demande d'arrêt de mon chien Fallen : la cage


Voici comment nous nous sommes rendus à ce que Fallen aille dans sa cage lorsqu’il a besoin d’une pause. En fait, comme ce petit chien très sensible est du genre à monter très vite en frustrations lors des entraînements, nous avons vite mis des moments de pauses lors de ceux-ci. Ces moments étaient en fait des demandes de « couche dans ta cage » avec beaucoup de récompenses pour souligner le fait d’y rester au calme un petit moment.


Il a commencé à me donner ce comportement de plus en plus souvent par lui-même lors de nos entraînements. Par la suite, j’ai utilisé cette routine pour nos entraînements au niveau des soins collaboratifs, en lui donnant ses récompenses dans sa cage lorsque je voulais faire un « refresh » et le sortir d’un comportement non désiré. Ce comportement s’est donc établi naturellement par la suite, et il permet maintenant à Fallen de bien se faire comprendre.



Article écrit par Pascale Dubé, intervenante en comportement canin pour Trop Chien Inc., et propriétaire de Complices en chien à Québec

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